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Aedan Connor - Cercle vicieux [Terminé]

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Invité
Invité
Mer 28 Jan - 16:50
Invité

Aedan Connor


Nom ▬ Connor
Prénom ▬ Aedan
Âge ▬ 25 ans
Nationalité ▬ Anglais
Sexe ▬ Masculin

Sexualité ▬ Bisexuel
Groupe ▬ Humain neutre
Métier ▬ Officiellement au chômage, il touche de l’argent non déclaré en revendant des hybrides au marché noir.
Statut social ▬ Pauvre

Particularité ▬ Toute sa thune part dans de la drogue. Autrement pas grand-chose.


Caractère
Il y avait un moment que ma vie se répétait. La nuit, je souffrais le martyr faute à mes membres fantômes, fruit des attributs hybrides que je n’avais plus ; le matin, je me réveillais dans la douleur ; la journée, je chassais ce qui fut autrefois mes congénères ; le soir, je m’installais dans un canapé, au coin du même bar miteux paumé dans les bas-fonds de la déchéance humaine, et j’utilisais l’argent obtenu des vies brisées des hybrides que j’avais capturé pour me payer mon alcool et ma défonce. On me connaissait sous un faux nom, celui de mon ancien maître : Sébastien.

C’était comme partout ; aussi atypique qu’elle était, une routine restait une routine, et celle-ci paraissait si ancrée dans notre vie, que jamais on n’aimerait la briser un jour. Du moins, on n’y pensait pas. Et c’était au moment où on s’y attendait le moins, qu’un évènement imprévu surgissait, et nous la foutait totalement en l’air. A ce moment-là, on était complètement perdu, et on ne savait pas si c’était pour le meilleur ou pour le pire.

Cet évènement imprévu était blond, avec le style vestimentaire de ceux qui n’avaient pas assez pour choisir de quoi se foutre sur le dos, avec une gueule de tueur, et sous ses mèches longues, une brûlure atroce. Au début je l’ai trouvé flippant. J’ai pensé qu’il devait être un délinquant de base, ou pire que ça. Mais très vite, j’ai constaté que, comme moi, il s’installait seul, qu’il buvait seul, qu’il était toujours seul. Même son regard trahissait sa solitude.

Alors un jour, comme ça, je lui avais proposé un peu de ma came. Il m’avait souri. Un sourire faux, celui que je voyais chez les autres hybrides, ceux avec qui je partageais ma cage quand j’étais en vente. C’était le visage qu’ils affichaient devant les clients. J’avais appris à discerner immédiatement ça d’un sourire vrai, mais je ne lui avais pas fait la réflexion, et il m’avait juste remercié et en avait pris, comme ça, sans rien ajouter. Sa voix était le reflet de son apparence, elle était grave et un peu rauque.

Ma routine avait changé, puisque chaque jour, désormais, j’allais m’installer près de lui, et je lui refourguais un peu de la merde que j’achetais au dealer du coin. Peu à peu, sans même parler autrement que par des mots courts, j’avais appris à le connaître. Juste en observant. Il souriait toujours. Qu’il soit triste, en colère, ou heureux, quoi que je ne sache pas si je l’avais déjà vu ainsi, il souriait. Quand un type venait le faire chier, il souriait, et lui balançait des phrases cinglantes. Il ne perdait jamais son calme, pas pour un sou.

De ce fait, il était haï par les habitués, la plupart le trouvant hautain. Comme si  nous étions trop insignifiants pour toucher sa divine personne. Et c’est en effet l’image qui renvoyait. Mais moi, tout au fond de moi, je ne voyais  pas les choses comme ça. J’avais plutôt l’impression que ce type s’était forgé une carapace d’indifférence, et qu’il avait beau ressentir les émotions que les paroles lui infligeaient, il ne laissait rien paraître et continuait de sourire. Comme si ses sentiments ne pouvaient pas remonter jusqu’à son visage. Tout ça, je l’avais compris, seulement en l’observant.

Autrement, il s’essayait souvent à l’humour. Souvent le sarcasme. Tout le temps le sarcasme, à dire vrai. Ou parfois, l’humour transgressif voire carrément noir. La plupart du temps, ça ne faisait rire que lui, mais il semblait s’en satisfaire, parce qu’à première vue, il paraissait tellement se foutre du regard que pouvaient lui porter les autres que ça en devenait comique. Ses tentatives de blagues ratées étaient certes lourdes mais me faisaient personnellement rire, au moins pour leur ridicule.


Ce que j’avais aussi remarqué, c’était que c’était le mec le plus honnête que j’avais rencontré. Vexer, blesser, les conventions sociales, tout ça il s’en branlait carrément, j’avais jamais vu ça de ma vie.  Il disait leurs quatre vérités aux gens peu importe les conséquences, pas qu’il ne sache pas réfléchir pourtant, du moins je ne le pensais pas. Et quelque part ça me plaisait. L’honnêteté, la vraie, était rare dans le monde d’aujourd’hui et même dans le monde en général. Dans un autre sens, cela pouvait se changer en défaut. En vrai, gros défaut. Il était souvent blessant.

Il était loin de se laisser marcher dessus, aussi, et savait cogner fort quand il n’avait pas d’autre choix. D’ailleurs, quand il s’énervait, ça faisait peur à voir. Sans son sourire, son regard de tueur était plus dur et effrayant encore qu’à l’accoutumée. Ses dents se serraient et se montraient comme celles d’un chien, son nez se plissait, ses sourcils se fronçaient au point de dissimuler la moitié de ses yeux, ses poings tremblaient tandis que ses muscles se contractaient. Sa voix grave et rauque, lorsqu’il l’élevait, impressionnait au point de faire sursauter un moine. Heureusement, cela arrivait rarement. Il fallait réellement toucher un point sensible pour le faire éructer à ce point.

Mon observation discrète s’était peu à peu muée en fascination. Et un jour, comme ça, j’avais eu une conversation de plus de deux phrases avec lui. C’était là que j’avais réalisé que je le comprenais sans avoir besoin de lui parler, et que j’étais malgré moi amoureux de ce défiguré aux airs de tueur en série, dont je ne connaissais même pas le nom. J’avais jamais compris comment l’amour fonctionnait. Toujours était-il que ce soir-là, il haletait et gémissait sous moi de sa voix rauque alors qu’il était stone, et que j’avais appris que le nom à gueuler pendant que je le pénétrais était Aedan. Les soirs suivant s’étaient répétés de la même manière.

Sauf quelques fois, où il allait voir une salope ou deux. Et c’était là que j’avais compris malgré moi que me foutre en couple avec lui, à la manière des histoires à l’eau de rose, ce serait la merde. Voire que ce serait impossible. Quand il couchait, il le faisait comme il prenait un verre au bar. C’était le mec le plus libertin que j’avais rencontré ; le sexe, l’alcool, la drogue, la fête, il faisait ce qu’il voulait quand il le voulait, comme s’il s’en battait violemment les couilles de sa santé ou de ce que la majorité considérait comme un mode de vie sain. Alors se mettre en couple ? Ah ! Si je lui demandais et lui déclarais mes sentiments il allait certainement m’envoyer chier et cesser de me fréquenter, je voyais bien que ce n’était pas le style de vie qu’il recherchait, et je ne voulais pas l’éloigner de moi. Alors on continuait de s’envoyer en l’air le soir, et il partait le matin, sans un mot, alors que j’espérais toujours vainement un baiser ou une embrassade. J’étais pathétique.

Néanmoins, les conséquences de son mode de vie avaient fini par le rattraper, et je l’avais retrouvé, alors que je le suivais comme le taré que j’étais devenu, dans une ruelle à se faire tabasser par des dealers. J’avais pas réfléchi, tout était allé très vite, et j’avais tiré mon flingue pour qu’ils s’arrêtent. Cela avait eu le mérite de fonctionner, mais j’avais vite regretté ; puis, en bon diplomate, j’avais payé ses dettes à sa place. J’savais qu’ils ne me balanceraient pas aux keufs pour possession illégale d’armes, c’était pas le genre à le faire, ça aurait été risqué de leur part et surtout ça ne les aurait avancés en rien. Aedan, c’était autre chose, mais au fond de moi, je savais qu’il ne le ferait pas non plus.

Je l’ai amené chez moi pour le soigner, il avait vu les cicatrices sur mon crâne quand j’avais enlevé mon bonnet. Je lui avais expliqué que j’avais pris l’identité de mon ancien maître et que je m’étais mutilé mes attributs hybrides, et depuis ce jour, nous habitions ensemble et il m’aidait dans mon « travail » : choper des rebelles et les vendre au marché noir. Au début j’étais putain d’heureux, mais j’ai vite constaté que pour lui, on n’était toujours que des potes avec intérêts. Mais au moins, j’avais peu à peu appris à encore mieux le connaître, et quelque part, j’espérais toujours qu’un jour, il se rendrait compte de quelque chose.

Premièrement, il nourrissait une haine sans limite à tout et à tout le monde. Jamais de ma vie, j’aurais cru voir quelqu’un en déborder à ce point. Pour lui, tout le monde était con, pour une raison ou une autre, et il trouvait toujours un moyen de critiquer quelqu’un sur ses idées ou ce qu’il était. Au point où il en était, j’en venais à me poser des questions pseudo-philosophiques, à ses côtés. Lorsque l’on détestait tout et n’importe quoi par pur plaisir de râler, serait-ce de la discrimination envers tout le monde, ou juste mettre tout le monde d’égal à égal ?

Mais contrairement aux apparences, il était loin d’être quelqu’un de mauvais, bien au contraire. Il considérait les hybrides comme son égal, la preuve étant la manière dont il se comportait avec moi. En effet, j’avais appris aussi et surtout, qu’il se considérait comme la dernière des merdes. Même si ça, je le savais déjà, mais notre collocation me l’avait confirmé. On aurait dit qu’il se détestait tellement, qu’il ne voulait même plus faire d’efforts pour s’aimer mieux, pour ne pas se comporter comme un salaud, et qu’il rejetait tout sur le dos des autres et de la société. Il se convainquait lui-même de ne pas être une ordure, quand bien même son subconscient était persuadé qu’il en était une. Et c’était pour cette raison qu’en apparence, il semblait haïr le monde entier ; c’était parce qu’il se considérait comme inférieur au monde entier, et que de le rabaisser le convainquait, au moins un peu, du contraire.


Et ce que je compris, à force de le côtoyer, c’est que jamais je n’aurais avec lui l’idylle dont je rêvais. Je vivais un enfer. Mes espoirs se levaient d’un seul coup pour tout et pour rien, quand il m’effleurait la main devant un film le soir, et ils s’écrasaient douloureusement au sol quand je constatais qu’il avait juste tâtonné pour prendre la télécommande de la télévision. Il ne comprenait rien et je souffrais. Plus le temps passait, et plus je sombrais. Il me fallait de plus en plus de drogue pour me satisfaire, et plus je brisais les vies d’autres hybrides pour cela, plus je me haïssais.

Un jour, j’en eus assez de ce cercle vicieux, et j’allais déclarer mes sentiments à Aedan. Je lui avais juste demandé ce que j’étais pour lui, et son regard incrédule m’avait suffi ; j’avais explosé, lui crachant toute la frustration qui s’était accumulée en moi pendant toutes ces années, et à quel point il n’avait été pour moi qu’un poison. Parce que c’était le mot qui lui convenait le mieux. Il s’était infiltré dans mes veines, et m’avait fait plonger plus bas que terre, sans même le vouloir. Je ne pouvais plus rester avec lui, il me fallait penser à moi, peu importe à quel point c’était douloureux. C’est ce jour même, que je vis pour la première fois son visage sincèrement blessé, et son expression de surprise qui me hante encore aujourd’hui.

Je m’en voulais mais je n’y pouvais rien, il me fallait penser à moi. J’avais peur qu’il se considère encore plus comme la dernière des ordures par ma faute, et qu’il n’accorde plus sa confiance, ni ne montre plus son vrai visage à personne. J’avais peur qu’il se cache à jamais sous son masque souriant et hautain. Non, en réalité, je savais que c’était ce qu’il allait faire ; je le connaissais mieux que moi-même. Mais je devais tout arrêter. Je l’avais dit. Aedan était un poison, dans un processus d’autodestruction, qui se tuait à petit feu et entraînait son entourage dans sa chute.

Physique
Je m’accrochais à un souvenir que j’avais gardé de lui, après avoir claqué la porte de l’appartement. Je me rappelle encore de la première impression qu’il m’avait faite. Tout en lui, évoquait la dureté, allant de son visage, à sa voix et à son style vestimentaire ; mais ce qui ressortait le plus, parmi tout cela, c’était sa cicatrice. Atroce, recouvrant la moitié de son visage et une grande partie de son corps. La première fois que je l’avais vue, je l’avais trouvée hideuse. Mais plus j'avais côtoyé Aedan, et étonnamment, plus je m’y étais habitué. Difficilement, mais je l’avais fait.

Et pourtant, si son visage n’avait pas été marqué à ce point, il aurait été presque doux, mais il fallait l’observer un moment pour le remarquer. Très longtemps, à dire vrai, peut-être avais-je fini par le penser parce que l’amour rendait aveugle. Il avait un menton anguleux. Un nez droit, fin et en pointe, presque féminin. Une bouche plutôt large, dotées de lèvres en cœur assez charnues, des yeux en amande relevés, malheureusement soulignés par de grands cernes. Des sourcils fins mais désordonnés, dont un qui avait le tic de se relever lorsqu’il était contrarié, ce qui me permettait de savoir quand c’était le cas.  Et la couleur de ses iris, quels iris, d’un profond bleu océan. Néanmoins, ce visage que j’avais tant rêvé de tenir dans mes mains pour l’embrasser, restait souvent caché derrière des mèches de cheveux hirsutes.

Parlons-en ; il était naturellement blond, blond doré. Il s’en foutait bien, de sa chevelure, et bien souvent il la laissait pousser pour finir par la couper à l’arrache à l’aide d’un ciseau à bout rond. Ce qui faisait que sa coupe tombait réellement dans le n’importe quoi, le négligé et le dégueulasse, mais je l’appréciais tout de même. Ses cheveux lui tombaient aux épaules, lui recouvraient le front, parfois les yeux. On aurait pu trouver que ça faisait gay, sans vouloir être contradictoire, mais pas sur lui. Ses mèches inégales et ses épis partaient dans tous les sens, donnant un résultat totalement anarchique. Ils étaient raides et fins, renvoyant un côté électrique et agressif.

Il était plutôt bien bâti, grand, des épaules larges et une taille plutôt fine. Ses bras étaient juste suffisamment épais, ils étaient ceux d’un très jeune homme ; dessinés, mais pas trop volumineux, comme je les aimais. Des muscles finement tracés se dessinaient sur son torse, aussi étrange que cela puisse paraître, j’adorais particulièrement le creux bien marqué de ses reins, que je saisissais parfois pendant l’amour ; par ailleurs, il s’agissait d’une zone érogène chez lui, mais c’était une autre histoire. Ses jambes étaient fines, et longues. Ses mains étaient celles d’un artisan ; elles étaient fermes, rugueuses, et pourtant avaient un côté délicat et précis, surtout dans leurs caresses.

Il portait toujours des vêtements sombres, jamais trop de couleurs, comme s’il s’obligeait à conserver un style de croquemort. Comme je l’avais dit, son style était celui d’un homme qui n’avait pas l’argent pour choisir comment s’habiller. Des vestes en faux cuir au rabais, souvent des sweets à capuche, des hauts simples comme des T-shirt blancs. Des pantalons simples et larges, souvent des joggings, souvent noirs. Des baskets, ou des chaussures à une dizaine de pièces. Toujours le même anorak en hiver.  Il s’autorisait parfois de porter une seule breloque, paraissant plutôt chère ; un pendentif qui, selon ses dires, lui venait de son frère jumeau. J’aurais voulu le rencontrer, ce frère, savoir à quel point il pouvait lui ressembler ; mais malheureusement, Aedan n’avait jamais voulu en parler. Je ne lui en voulais pas ; lui ne connaissait même pas mon vrai nom.

Peu importe à quel point je pouvais lui en vouloir de m’avoir emporté dans sa déchéance. Je l’avais aimé. Mais désormais, il fallait l’oublier.


Histoire
Certains disaient que le destin des êtres humains était déterminé dès lors qu’ils venaient au monde. Dans un sens, c’était une réalité. La beauté, l’intelligence, les facultés, le milieu social ; tout ce qui n’était déterminé que par la naissance jouait le plus grand rôle dans ce que l’on deviendrait en grandissant. En ce qui me concernait, mon destin avait été tracé sur la toile de la classe aisée. J’aurais dû être sans histoires, faire mes études dans les meilleures écoles et faire la fierté de mes parents.

En réalité, si j’avais suivi ce que ma naissance avait choisi pour moi, j’aurais dû être le miroir de mon jumeau. Je m’appelais Aedan, il s’appelait Maximilien ; sans doute nos parents avaient-ils aperçu le futur en me donnant à moi un prénom courant et à lui, un long et compliqué. J’aurais dû être comme mon frère. J’aurais pu l’être. Il était médecin, belle profession, fruit de longues études. Je n’étais rien, fruit du rien que je n’avais jamais fait.

Je n’avais jamais été bon élève. Pas même à l’école préparatoire. Je pensais qu’il n’y avait rien de plus merveilleux que de pouvoir apprendre. Non, voilà que j’étais hypocrite envers moi-même ; je savais que c’était nécessaire. Mais j’avais toujours du mal à m’intéresser à ce que je faisais. J’étais en somme l’antithèse de Maximilien. Il représentait tout ce que mes parents auraient voulu que je sois. Il était beau, très beau, et un excellent élève. Moi, j’avais toujours été banal en tout, et la banalité aux yeux des classes aisée était difficilement acceptable, en particulier quand on avait devant soi la perfection.

On aurait pu croire que je serais jaloux de lui. Ce n’était pas le cas ; j’aimais mon frère. Je l’aimais bien trop pour lui en vouloir ne serait-ce qu’une seconde, des reproches égoïstes que j’aurais pu lui faire. Nous avions la même chair, le même sang, la presque même apparence, et je savais qu’il m’aimait aussi ; nous étions la complicité même. Je ne voyais pas non plus en lui un modèle, je restais comme j’étais et ne souhaitais pas changer, avec la reconnaissance secrète au fond de mon cœur d’être chéri par lui. Toujours, nous jouions ensembles, nous étions inséparables. Le pendentif que nous nous étions échangés, et que je portais toujours, en était la preuve matérielle.

Mais Maximilien n’était pas le seul être parfait avec lequel je passais tout mon temps. Mes parents, aux moyens plus que suffisants, avaient eu suffisamment pour acheter une hybride de collection ; un trésor de beauté et de rareté. C’était une petite fille, nommée Céleste ; elle avait notre âge, et elle était restée suffisamment longtemps dans notre famille pour que je ne me souvienne plus de son arrivée. Nous étions sans doute encore dans le berceau, et elle aussi.

Mes yeux d’enfants voyaient en Céleste une princesse maudite. A sa naissance, elle avait sans doute, comme Aurore, reçu trois bonnes fées face à son berceau ; la première lui avait offert la beauté, car elle était la plus belle et la charmante créature qui soit. La seconde lui avait sans doute donné la bienveillance, car il n’y avait pas de plus douce ni de plus gentille fille. La troisième alors avait été prise de court par une sorcière, qui l’avait maudite ;  celle-ci décida qu’elle ne recevrait pas ce qui était essentiel pour un enfant : l’amour. Pourtant, tout fonctionnait avec l’amour ; ceux qui n’en avaient pas reçu, tournaient en monstruosités.

Pas elle. Elle était une exception. La plus parfaite des exceptions. Son hybridation à la méduse l’avait condamnée à ne rien pouvoir toucher, caresser, embrasser, sans que l’objet de sa tendresse ne meure de ses blessures. Elle était condamnée à rester à jamais dans cet aquarium triste et vide, à servir de décoration pour un salon, faute de quoi, elle se dessécherait. Et pourtant son sourire était toujours sur son visage, et j’aurais tant voulu poser mes lèvres sur lui, mais je ne le pouvais pas, en sachant qu’elles seraient brûlées. Peut-être étais-je une créature trop impure, un pouilleux mortel, condamné à effleurer du regard la perfection de cette aquatique sans jamais y poser ses doigts sales ; ce, malgré les rêves d’amour qui m’obsédaient et hantaient mes nuits.

J’avais toujours aimé Céleste, je le croyais bien. Mon amour enfantin était pur, sans tâche ; il était un mélange de mystère, de fascination et de pur attachement, mais n’était obstrué ni par le désir ni par la projection. Certains pensaient que les jeunes enfants confondaient amour et amitié ; ce n’était pas le cas. Parfois, à mesure que la grande araignée tissait à la fois la toile du temps et celle des liens, l’enfant finissait par ressentir quelque chose de beaucoup plus profond, plus fort, plus complexe qu’une amitié. Quelque chose qui venait du fond de lui-même, comme s’il n’était qu’une moitié d’être humain à la recherche de l’autre bout, et qu’enfin il l’avait retrouvé.

Mais parfois, quand sa moitié retrouvée ne pouvait pas rejoindre la sienne, la douleur devenait terrible. Chaque jour passé auprès d’elle devenait une torture à mesure que mes sentiments grandissaient. Observer ses volants et les rubans gracieux qu’elle appelait ses tentacules danser merveilleusement devant mon regard, dans un ballet de mouvements graciles et d’ondulations, sans jamais pouvoir ne serait-ce qu’effleurer sa beauté gracieuse ; et chaque jour un peu plus je voulais tenter de le faire, au risque de me brûler la main.

Personne n’avait découvert ma fascination, pas même elle. La nymphe parfaite qu’elle était n’aurait de toute manière jamais prêté attention à l’obsession malsaine qu’avait un pauvre mortel banal et plat pour elle, et je me contentais de l’observer devant l’aquarium, de discuter avec elle lorsqu’elle daignait sortir la tête de l’eau, de jouer en lui envoyant un ballon qu’elle me renvoyait. Chaque jour passé ses côtés était aussi délicieux qu’il me tuait lentement, alors que je me demandais si un jour, le venin de son corps se dissiperait, et qu’enfin je pourrai l’enlacer et sentir la douceur de sa peau. Oh, combien elle devait être douce.  

A mesure que les jours passaient, la douleur devenait plus intenable ; et bientôt, quand j’atteins la douzième année de ma vie, je décidais de la soulager. Céleste et moi étions seuls à la maison ce jour-là. Il  y avait longtemps que l’aquarium s’était fissuré ; mes parents avaient parlé de faire remplacer la vitre. Si seulement je n’avais pas été si égoïste, les choses auraient sans doute été différentes.

Ma confession fut difficile. Je tremblais de tout mon corps, toute ma peau était moite, j’avais peur de ce qu’elle dirait, de ce qu’elle penserait ; avais-je le droit d’aimer ? De l’aimer ? Pouvais-je prétendre une seconde que mes sentiments puissent être réciproques ? Quand bien même, soulager le poids sur ma poitrine était devenu ma seule et unique préoccupation, bien avant celui de ne pas paraître prétentieux. Les deux mots fatidiques ne voulurent pas sortir, j’aurais pourtant voulu hurler mon amour, à la face du monde et à la sienne.

Et quand ils parvinrent enfin à quitter ma gorge, en un mince soupir sonore, ce fut le moment le plus fort qu’il m’ait été donné de vivre. Les yeux de Céleste s’écarquillèrent, et son sourire, le sourire qui avait toujours été sur son visage, le sourire que je chérissais tant, s’éteint. Je ne l’avais jamais vue ainsi. Progressivement, son expression passa de vide à livide, puis elle se crispa, la douleur marquant tous ses traits. Elle marmonna quelque chose que je ne compris pas, le son de sa voix étant étouffé par l’eau. Elle prit sa tête dans ses mains, tremblante de tout son corps, se mit à hurler des phrases entières, dont le son fut toujours dissipé.

D’un seul coup, violemment, elle se jeta contre la vitre, la cogna de toutes ses forces, pestant toujours. Elle réitéra son geste, quitte à s’en démettre l’épaule. J’étais tétanisé. Par la surprise de la voir comme cela, l’incompréhension. Si j’avais été plus présent d’esprit, j’aurais pu la retenir, empêcher ce qui arriverait. Pour la troisième fois, elle frappa l’aquarium, et à ce moment, tout alla très vite, trop vite pour que je puisse m’en souvenir clairement.

La fissure du verre causa la fin de tout. La vitre vola en éclats. Une pluie de cristaux de verre brillants arrosa le sol. L’eau s’échappa dans la maison telle un torrent. A cet instant je tombais vers l’arrière, bousculé par sa violence, fouetté par des morceaux d’aquarium qui s’enfuyaient avec elle ; en un quart de secondes, je vis Céleste qui hurlait, projetée vers le parquet ; et j’eus alors un réflexe stupide, purement automatique.

Mécaniquement, je la pris dans mes bras, m’écorchant la peau sur les bris de verre, les plantant partout dans ma chair. Ses tentacules me touchèrent. Et avec ce geste lourd, paraissant pourtant anodin, le monde parut s’effacer d’un seul coup autour de moi. Un instant, ce fut merveilleux. Je la touchais. Je pouvais enfin sentir sa peau contre la mienne, sa peau douce. Enfin, tout ce que j’avais demandé, depuis tant d’années, m’était exaucé, même pour une seconde. Cependant je reculais très vite, quand une douleur atroce se répandit dans tout mon corps, tous mes organes, tous mes membres.

Très vite, je vis flou ; et je n’ai aucun souvenir de ce qu’il se passa par la suite. Lorsque je me réveillais dans cette chambre blanche et froide, je constatais avec horreur et dégoût dans le miroir juste face à mon lit, que je n’étais non plus banal, mais monstrueux. Je n’avais plus de visage, la moitié semblait brûlée, tout comme mon corps. Le regard de mes parents, et celui de Maximilien, qui détournaient les yeux comme par peur que je les avale comme un ogre s’ils me fixaient, en disait long sur ce qu’ils pensaient. Ce fut la même chose pour les soignants, une fausse compassion mielleuse dans le ton de leur voix. Pour eux tous, je n’étais plus qu’une brûlure, un handicapé de plus.

Seul, dans la chambre blanche, avec pour seule compagnie des fleurs et des cadeaux, je m’accrochais dernier souvenir atroce que j’avais de la fille que j’aimais. Il s’agissait de son visage horrifié tandis qu’elle dérivait et que dans ses  yeux, tristes et terrifiés, on pouvait lire : « Ne fais pas ça ! » alors que je me lançais de toutes mes forces pour la serrer comme si ma vie en dépendait. Un léger sourire vient s’afficher sur mes lèvres. Un sourire amer. On m’avait annoncé, comme ça, comme une banalité, que Céleste avait endossé la faute, et que mes parents s’en étaient débarrassés, un peu comme d’un chien qui aurait mordu un jeune enfant. De toute manière, au contact de l’air, ses tentacules et ses volants avaient commencé à se dessécher et elle n’était plus aussi belle qu’avant, m’avaient-ils dit. Je me haïssais. A ce moment-là, j’aurais voulu m’ouvrir les veines avec les dents, mais je restais irrémédiablement enfoncé dans les draps blancs, le regard vide et cerné.

Ni la médecine, ni la chirurgie ne put grand-chose pour mon visage. Il se dégonfla, les brûlures blanchirent, mais la cicatrice resta. Bien souvent, je gardais les yeux fermés. Le miroir, juste face à mon lit, était à lui seul un instrument de torture. Il me souriait sadiquement, et me rappelait en riant de sa voix monstrueuse que tout était de ma faute et que jamais plus rien ne serait comme avant.

Et il eut raison, car rien, ni personne, ne fut plus jamais comme je les avais connus. Je fus transféré dans un autre établissement scolaire, un internat, pour les handicapés dont les grands brûlés, et bénéficiant d’un suivi psychologique. Ce serait mieux pour moi, et ainsi je n’aurais pas à subir le regard de mes camarades. Du moins, c’était les raisons officielles, et quand je voyais le regard fuyant de ma famille, de mes parents, de Maximilien, je me demandais plutôt si ce n’était pas que ma face monstrueuse les effrayait. Ou si mon frère m’en voulait. Il devait m’en vouloir, pas vrai ? Si ma famille s’était débarrassée de Céleste, c’était uniquement de ma faute. Comme je me haïssais.

Je vécus mon adolescence dans cet internat froid. J’avais toujours ces yeux vides, et le regard compatissant et dégoulinant de mièvrerie que me lançaient les soignants me donnait une atroce envie de gerber. C’était à se demander si on ne leur donnait pas des cours de sourire et de bonne humeur, et s’il n’y avait pas une épreuve de ce genre pour faire dans le métier. Je ne me sentais pas d’humeur à partager leur sourire insupportablement compatissant, et bien que mon visage reste stoïque, une terrible envie de les envoyer paître montait en moi.

J’avais des camarades, également. Des enfants et adolescents de tous les âges. Ce que j’avais rapidement constaté, c’était bien souvent leur sourire permanent.  Ils avaient pourtant des raisons de se plaindre, bien plus que ces pseudo-dépressifs qui me servaient d’anciens camarades, que je ne revoyais que par le peu de la dernière source de contact avec l’extérieur qu’il me restait ; postant en millions de lignes sur les réseaux sociaux à quel point leur vie était horrible et qu’ils allaient mal, quand bien même ils étaient en bonne santé, qu’ils vivaient dans un pays riche avec une famille qui les aimait, qu’ils avaient des amis, un toit, un hybride pour les servir, et autant de nourriture et d’eau qu’ils voulaient.

Peu à peu, j’avais appris à faire comme mes compagnons d’infortune. Sourire en permanence quand mon cœur était à la lassitude. Parfois, ma voix s’entrecoupait toute seule dans un petit rire. Je ne riais pourtant pas, et je ne me sentais pas d’humeur à le faire, mais c’était devenu un pur automatisme. Je ne voulais plus que les infirmiers viennent me parler avec leur regard mielleux, je voulais qu’ils voient que j’allais bien, que je n’avais pas besoin que l’on me parle comme à un chaton apeuré et acculé contre un mur. Ou tout simplement, comme à ce qu’ils pensaient que j’étais : un enfant traumatisé. Ce qu’ils ne savaient pas, c’était que ma blessure, fruit de toutes les théories d’expériences marquantes, quelque part, c’était moi-même qui l’avais voulue.

Mais ils n’arrêtaient pas, abrutis qu’ils étaient, et j’avais beau leur dire que j’allais bien, que tout allait parfaitement bien, ils continuaient d’imposer ces intenables séances de soutien psychiatrique. Le pire restait les gens de l’extérieur, me lançant des regards qui voulaient dire qu’ils compatissaient à mon pauvre sort dont ils ne savaient rien, si bien que de temps en temps, l’envie me prenait de tout exploser dans cette chambre, d’aller dans la rue, de rayer les voitures et de renverser les poubelles, de leur hurler : vous voyez ! Je ne suis pas le plus à plaindre ; j’ai peut-être le visage brûlé, mais je reste un petit connard, alors cessez de me prendre en pitié et faites comme vous le feriez si j’avais été normal. Haïssez-moi ! Mais je savais d’avance que ce serait trop leur demander.

J’atteignais bientôt mes quinze ans. Maximilien venait me voir, de temps en temps. Parfois, avec mes parents. Je venais également les voir pendant les vacances. Ce que je savais, c’était qu’il ne m’aimait plus comme avant. Il m’en voulait, sans doute, ce regard fuyant en était la preuve. Mais ce que je me demandais, c’était très sincèrement ce que je pouvais bien en avoir à foutre. Ou ce que j’avais pu en avoir à foutre, quand j’étais gosse, de ce qu’il pensait de moi. Je le lisais dans son regard, qu’il m’en voulait pour lui avoir arraché Céleste. Pourquoi serait-il si distant, autrement ? Mais autant si j’avais été plus jeune, j’en aurais pleuré, autant maintenant, je m’en tapais tellement de sa gueule que c’en était risible.

En vérité, je m’en foutais de tout, et j’avais constaté avoir été fiché comme le connard de l’internat. Pas par mes camarades, par des mecs de la ville à qui j’avais cassé la gueule lors d’une de mes sorties. Je pensais que mon cœur en avait eu assez, et que cette colère permanente s’était muée en cynisme. Pourquoi toutes les conneries qui, auparavant, m’auraient fait souffrir et chialer, ne me faisaient désormais plus rien ? Mécanisme de défense psychologique, peut-être. Après tout, merde à tous ces problèmes, merde à tous ceux qui continuaient de me prendre en pitié, j’avais qu’une seule chienne de vie et tout le monde pouvait aller se faire foutre car je comptais bien en faire ce que je voulais ; et si j’avais décidé de ne pas laisser mon visage marqué me définir, je ne le laisserais pas me définir.

J’en avais plus rien à branler de rien, même pas d’avoir mon examen de fin de scolarité, à mes dix-neuf ans. Je l’avais raté au passage, mais de toute manière qu’est-ce que je pouvais bien en avoir à carrer encore une fois, j’avais toujours été une merde en cours, contrairement à ce planqué de Max, toujours à lécher le cul de nos parents avec ses notes de surdoué et sa spécialisation scientifique digne des plus grands bourges qu’il était. J’étais quoi, moi, dans tout ça ? Une putain de loque avec ses examens ratés, qui s’était payé le luxe d’être coûteux en soins médicaux, et qui en plus de ça donnerait rien et foutrait rien de sa vie. Mais je ne me sentais même plus coupable. Comme d’habitude, j’en avais strictement rien à branler ; après tout, j’avais qu’une seule existence, et les autres n’étaient que les autres ; j’allais devenir la plus égoïste de toutes les saloperies sur cette terre, et je m’en foutais.

J’avais bien compris de toute manière, que les gens n’étaient que des enculés. Même les pseudo-intellectuels, même moi, surtout moi, merde monumentale que j’étais. Ils étaient tous cons et ils me faisaient tous chier. Les religieux nous emmerdaient avec leurs contes de fée, les athées bandaient comme des fils de pute en se sentant supérieurs face à eux, les femmes étaient des salopes mal-baisées, les hommes des saloperies qui ne pensaient qu’à forniquer, les hybrides se prenaient soit pour des martyrs, soit pour justiciers à la con.

Mais avant tout, je ne savais même pas comment j’avais pu croire gamin en cette connerie hormonale, l’amour. Comment j’avais pu me persuader moi-même d’aimer cette Céleste ? L’amour, c’était juste une envie de baiser, ou d’être aimé pour les pétasses emo de quinze ans, qui tournait à la dépendance. Ce n’était pas l’autre que l’on aimait, c’était nous-mêmes, et je le savais maintenant, à travers Céleste, j’aurais voulu m’aimer moi-même, me persuader que je valais quelque chose. Un peu comme toutes les pétasses pseudo-célibataires à la recherche d’un mec sur les réseaux sociaux, par qui elles se feraient troncher deux jours après leur annonce, et qui en étaient à leur quarante-septième rupture. Ah, monde de merde !

Cette dernière affirmation, je la constatais notamment en cherchant des petits boulots. Je ne trouvais strictement rien. Pour cause, on n’allait pas me mettre face aux clients, je pourrais les repousser. Quelqu’un, un jour, avait eu l’honnêteté de me le dire, et quelque part, je respectais bien plus ce mec-là que la pute à côté de lui qui lui a rappelé qu’il manquait de tact. Je vivais à peine des aides financières alors qu’on m’avait lâché dans le monde réel après m’avoir confiné dans cet internat, mon appartement miteux payé de la poche de mes parents, comme le fils à papa de merde que j’aurais dû être si je n’avais pas fait le con.

Un jour, on avait fini par me laisser nettoyer la cuisine d’un fast-food. Ce peu d’argent mensuel, j’aurais pu l’utiliser pour quelque chose d’utile. Faute de ça, j’avais décidé de me rendre encore plus pathétique que je ne l’étais déjà, et j’avais tout claqué en alcool. Qu’est-ce que c’était bon d’être heureux et de chanter des conneries pour la première fois depuis longtemps. J’avais fini par développer un goût prononcé pour la fête, et c’était là-dedans que partait mon peu de thunes ; des activités de beauf asocial. Alcool et salopes. Autant de plaisir je prenais pendant ces moments, aussi dur était le réveil, quand toute ma réalité me retombait sur la gueule, et que j’ouvrais les yeux pour trouver à mes côtés une pute de base, alors que je m’étais surpris moi-même à espérer y trouver le corps adulte de ma Céleste. Quelle loque je pouvais être, à ne pas réussir à sortir son image de mon crâne, quand bien même je savais très bien que l’amour était une pure connerie.

Quand l’alcool ne m’a plus suffit, je suis passé à la défonce. J’ai pas fait la connerie de prendre de la dure, je me suis contenté de ce qu’on m’offrait dans les bars mal famés où j’allais. Mais je croyais bien que cette fois-ci, j’avais atteint le bas de l’échelle, j’étais la plus monumentale des merdes sur cette planète ; j’avais atteint le point de non-retour.  Alors que, de l’autre côté, j’avais entendu que ce bourge de Maximilien, que je ne voyais plus du tout, était devenu médecin. J’étais sa plus pure antithèse, et il était là pour me rappeler à quel point j’avais touché le fond et que je continuais pourtant de creuser.

Celui qui m’offrait sa came s’appelait Sébastien. Il avait les yeux noirs, les cheveux marron, et il était beau, vraiment beau. C’était quand même vachement pédale ce que je pensais là, et pourtant c’était juste la vérité, je ne pouvais pas le dire autrement. On se retrouvait toujours sur la même chaise, il me proposait sa merde en quelques mots et j’acceptais. Je savais même plus pourquoi il m’en avait donné la première fois, j’en avais rien à foutre non plus.  Ce que je savais c’était que cette conversation de quelques phrases chaque jour était ma seule dose de chaleur humaine, ce qui était franchement pathétique.

Et puis, un jour, sans que je comprenne trop pourquoi, c’était pas une fille que j’avais retrouvé dans mon lit. Plus important, j’avais mal aux reins, et je constatais que même si je croyais que je ne pouvais pas tomber plus bas, je continuais de le faire, encore, et que maintenant la pute du matin, c’était moi. Je ne me rappelais plus exactement combien de fois ça avait recommencé, et que je m’étais tapé Sébastien. Tous les soirs pendant un moment, je le pensais bien, quand bien même c’était à cause de lui que j’avais fini par me chercher un dealer et m’acheter ma propre came. J’avais jamais demandé à ce brun ce qu’il pouvait trouver de si bandant chez un grand brûlé comme moi, bien que je me posais la question ; on communiquait peu par des mots.

J’avais vingt-deux ans, et je m’en foutais de tout. De tout, sauf de ma dose. Je pouvais bien crever, là, sur le sol. J’en aurais plus rien à foutre de rien, ni de cette pute de Céleste, ni de ce fils à papa de Max, ni de cette pédale de Sébastien, ni de mes dealers qui me défonceraient la gueule à mort. Tout ce qui m’importait, c’était ma dose. Il me la fallait, maintenant, mais j’avais plus rien pour me la payer, parce que mon petit boulot de merde, je l’avais perdu depuis longtemps. C’était la dèche et avec les dettes que j’avais, j’allais me faire fracasser par mes dealers.

Chose qui est arrivée plus rapidement que prévu, dans une ruelle paumée. Et pour être franc j’en avais plus rien à foutre, j’espérais au moins qu’ils aient la décence de me buter, que tout s’arrête une fois pour toute. Mais c’était alors que j’étais la gueule en sang à recracher mes dents, que j’avais aperçu une silhouette. Rapide et puissante. J’ai tellement flippé que j’ai cru défaillir, encore plus en reconnaissant Sébastien, qui portait un flingue.

Je m’étais rapidement retrouvé dans son appartement, à me faire soigner. Et alors qu’il m’appliquait des compresses, je constatais les deux cicatrices sur son crâne que je n’avais jamais remarquées, dissimulées sous sa touffe de cheveux bruns. Ce taré était un hybride. Ce taré était un hybride et il s’était mutilé pour avoir l’air humain. Ce taré était un hybride et il avait failli se faire buter, et il m’avait payé mes dettes. Les miennes. Il m’avait aidé, moi.

En lui posant des questions, j’avais appris que son ancien maître de qui il était le seul contact humain, à sa mort, lui avait offert son identité. Autrement dit, que Sébastien n’était pas son prénom, et il refusait de me dire le vrai. Plutôt romanesque comme histoire, même si c’était le cas de la plupart des créatures de son espèce. Je lui avais aussi demandé pourquoi il m’avait aidé, et à ça ce con m’avait juste balancé un regard à la fois triste et en colère, comme si j’étais censé deviner. Sans déconner, il était pire qu’une meuf ce type.

Je savais plus non plus exactement comment je m’étais retrouvé à habiter chez lui. Comme job, il allait dans les rues, tabassait des hybrides errants comme le vendu qu’il savait qu’il était, et les revendait. C’était comme ça qu’il se payait sa dose. Et il avait l’air de n’en avoir rien à foutre. Quelque part, je le comprenais ; parce qu’il fallait avoir vécu un manque, pour savoir à quel point c’était douloureux, et à quel point on ferait n’importe quoi, à quel point on deviendrait la dernière des merdes, pour avoir notre came.

Et enfin, je ne me rappelais plus non plus comment j’avais fini par l’aider. J’avais obtenu des armes illégalement, Sébastien en connaissait un rayon dans le milieu. Et au final, on faisait le concours de celui qui détruirait la vie du plus d’hybrides possible. On aurait dû culpabiliser, mais ce n’était même pas le cas, en ce qui me concernait, je me rendais vite compte que j’en avais rien à foutre ; c’était ma manière de gagner mon pain, et tant pis pour le reste. Et une fois qu’on avait fait ça, on s’envoyait en l’air, comme s’il ne s’était rien passé.

On n’était pas en couple, on n’était que des potes avec intérêt, c’était néanmoins comme ça que je voyais les choses, et on ne s’interdisait pas d’aller ailleurs quand l’occasion s’en présentait. D’ailleurs, avec le recul, je croyais bien que je pensais toujours à Céleste. Je me demandais bien ce qu’elle était devenue, et parfois, le matin, c’était elle que j’espérais trouver dans mon lit, ou plutôt la femme magnifique qu’elle devait être devenue. Parfois, il venait m’embrasser en-dehors de nos parties de jambe en l’air, et je lui demandais ce qu’il voulait, sans qu’il ne me réponde jamais.

Plus les années passaient et plus il me fallait de drogue pour me satisfaire ; plus les années passaient, et moins j’avais de sens de la morale, moins j’en avais à foutre de détruire des vies, et plus le regard de Sébastien était fatigué quand le mien l’était de moins en moins.  Avec le recul, ça me faisait même rire, de savoir que j’avais un quelconque pouvoir sur ces saloperies, et qu’elles devaient me haïr. Dans un sens, j’avais toujours voulu me faire détester, plutôt que d’être pris en pitié à cause de ma brûlure ; j’étais toujours une merde, mais j’avais ce que j’avais toujours demandé.

Jusqu’au jour fatidique, où Sébastien m’avait demandé ce qu’il était pour moi. Je n’avais pas su quoi répondre et il avait eu l’air abattu. Puis en colère. Ce fut sans doute l’une des journées les plus terribles de ma vie, lorsqu’il me hurla dessus, me criant que je n’étais qu’un poison ; et que s’il souhaitait se sortir de la spirale infernale qu’était devenue sa vie, à me courir après tout en espérant vainement, et à s’enfoncer de plus en plus dans sa dépendance, il devait arrêter de me voir. J’avais eu peur de comprendre ce qu’il voulait dire ; mais quand il fut parti, il était trop tard pour y réfléchir.

J’avais toujours tout foutu en l’air, c’était désormais seul que je m’enfonçais dans le cercle vicieux qu’était devenue ma vie. L’appartement était horriblement vide, froid, et silencieux. Tout l’était. J’enfonçais ma tête dans mes mains, repensant un instant à mon frère. Il allait falloir que je m’achète des hybrides, pour m’aider à en capturer d’autres. Pour que je puisse les revendre, et me payer ma came. Tout comme l’électricité, le chauffage, l’eau courante, la nourriture, les taxes et le loyer. Il allait falloir, encore une fois, que je foute des vies en l’air. J’avais vingt-cinq ans.


Pseudo ▬ Moineau
Âge ▬ Dix-sept ans
Comment es-tu arrivé ici ? ▬ Conseil d’une amie
Autre chose à dire ? ▬ Pwait (si vous retrouvez cette fiche sur un autre forum c’est normal, il a coulé et j’aimais bien mon perso donc j’ai voulu le reprendre, j’ai modifié pas mal de truc pour que ça colle à votre contexte cela dit)
Code

© Code by KoroJuùrii
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Invité
Invité
Mer 28 Jan - 17:02
Invité
Coucou et bienvenu *^*
Tu donnes le très bon exemple en faisant un maître tu sais ? *3*)/
Bon je ne suis pas sur le bon compte mais toi je t'aime déjà parce que ton pseudo c'est Moineau et moi je suis raide dingue des cuicuis *3* /MEURT
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Invité
Invité
Mer 28 Jan - 17:21
Invité
Hey !
Faut bien qu'il y ait des gens pour s'occuper de vous
Merci de me souhaiter la bienvenue sinon, j't'aime déjà aussi, j'te picore pour la peine
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Sean
Sean
Rebelle Sauvage
Messages : 324
Date d'inscription : 23/12/2014
Mer 28 Jan - 18:05
Sean
Tu es validé(e) !


BIENVENUE MON AMIIIII *^*
Rien à redire, fiche parfaite j'adore, je valide *^*
~~~~~~
Tu peux désormais aller recenser ton AVATAR ICI ! Si tu es un humain, vas demander une habitation ICI et sinon, tu peux aller si tu veux faire ta fiche de lien ICI ! Si tu es un double compte, vas recenser ton compte ICI et si tout est en règle, tu peux aller poster une demande  de maître/hybride ICI !

L'on te souhaite une bienvenue officielle et amuse toi bien parmi nous sur Dear Hybride ! ♥



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